L’orientation solutions

L’orientation solutions est une des approches les plus innovantes – et les plus simples – de ces dernières décennies. Une large part des principes sur lesquels reposent nos éducations présuppose que c’est par la correction de nos « défauts », de nos « points faibles » et d’une façon générale, de la résolution des “problèmes” et des “dysfonctionnements” que l’on avance, que l’on change, que l’on progresse. Quel est “ce besoin que nous avons toujours de chercher ce qui ne va pas, au lieu de s’intéresser à ce qui fonctionne”?

Chacun a déjà pu expérimenter le fait que connaître la cause d’un problème ne l’aidait pas forcément à le résoudre, ex : je fume, je mange, je bois… parce que je suis stressé. Très bien. Et donc ?

L’on a vu que l’un des préceptes de Palo Alto est que « le problème, c’est la solution”. Au bout d’un certain nombre de tentatives infructueuses, la solution essayée non seulement ne résout pas le problème mais finit même par devenir le problème.

L’approche orientée vers les solutions inverse ce postulat. Pour elle, « le problème, c’est le problème ». A force de l’éclairer, on finit par ne plus voir que lui. Plus le problème est mis en lumière, plus il existe, prend de l’ampleur… et devient difficile à résoudre. L’orientation solutions se propose donc de se centrer sur les solutions, en orientant son questionnement dans deux directions : d’une part vers les exceptions, c’est-à-dire les moments où le problème est absent (ou moins présent). Cela consiste à :

– allumer d’autres lampadaires, pour attirer l’attention du client sur d’autres zones de lumière, celles où, justement, il va bien ; d’autre part, vers les ressources de la personne.

Pour ce faire, deux séries de questions :

– La question miracle de De Shazer, le pouvoir de la question miracle : Imaginez qu’une nuit, pendant que vous êtes endormi, il y ait un miracle et que ce problème se trouve résolu.

Comment le sauriez-vous ? Qu’est-ce qui serait différent ? Comment votre entourage le saurait-il, sans que vous lui disiez le moindre mot à ce propos ? La question miracle vise à faire émerger ce qui pourrait ressembler à une solution.

– Intérêt de la question miracle : On entre dans la résolution du problème. Le sujet donne les ingrédients, décrit le processus du changement. La question ouvre le champ des possibilités.

La projection dans le miracle accompli va permettre d’amplifier certains aspects de la détermination d’objectif : « En quoi est-ce important pour vous ? ». Peu importe que l’objectif soit important pour le thérapeute, il doit l’être par contre pour son patient. Cette importance animera la volonté de changer, d’évoluer et de mettre en place de nouvelles solutions.

– La question des exceptions : Le thérapeute oriente ses questionnements pour que le patient cherche les moments où le problème n’existe pas, ou est moins fort. L’idée est que le patient progressivement, identifie des ressources, des capacités qu’il a déjà utilisées mais dont, momentanément, il a perdu l’accès. Il s’agit dans une lignée inversée de Palo Alto, d’inciter le client à faire « toujours plus de ce qui marche », toujours plus de ce qu’il fait quand le problème n’est pas là (ou est moins aigu). Atténuer l’idée qu’il y a un problème. Faire naître chez le patient l’idée qu’il a les aptitudes pour résoudre son problème.

Ce recadrage est nécessaire pour qu’il ne se colle pas d’étiquette auto-invalidante qui contribuerait à lui enlever ses ressources et à lui faire perdre de vue que, dans certaines situations, il n’est/n’a pas ce problème.

Nous avons vu à quel point le regard que l’on porte sur le monde, sur notre monde, que l’interprétation que nous donnons aux événements de la vie, peut nous limiter et faire en sorte – parfois – que nous nous sentions “diminués” face à une situation donnée.

Cette situation, qu’elle soit professionnelle, personnelle, relationnelle nous donne le sentiment d’être bloqués et par la même, nous empêche d’avancer, d’évoluer, tout simplement de changer. Alors, bien que nous ayons exploré le chemin menant à la conduite du changement, bien que nous connaissions quelques-uns des outils permettant d’agir différemment, de changer ; retenons le rôle majeur que peuvent jouer nos croyances. Ont-elles réellement le pouvoir de ralentir nos ambitions et nous empêcher de changer ? Cf article sur les croyances


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